TAKESHI YASURA

TAKESHI YASURA

Cependant, ce qui est encore plus triste est de ne pas essayer de voir ce qui est visible

Cependant, ce qui est encore plus triste est de ne pas essayer de voir ce qui est visible

Materials:
# 1 Matériau utilisé : Liquide extrait de Dactylopius coccus, Fil de soie, Pot en marbre, Machine à commande binaire (rythme sonore de pluie enregistré le 15 septembre 2020 à Paris)
# 2 Matériau utilisé : Capteur de mouvement, Ampoules, Panneaux solaires, moteurs, plumes
# 3 Matériau utilisé : Cadre, Bois, Encre extrait de Dactylopius coccus à l’arrière du cadre

Description:
Mon entité n’existe pas là, mais j’existe réellement.
Même s’il n’existe pas de substance physique et stable, en référence à des objets tangibles, mon existence doit être reconnaissable dans un espace.
Par exemple, certains yaourts aux fraises vendus dans la grande distribution n’ont pas de couleur réelle de fraises.
Pourtant, nous réagissons inconsciemment aux objets en 2 dimensions créés artificiellement. Que signifie « exister », tel que nous le percevons ?
En d’autres termes, nous reconsidérons la signification d’« exister» ou de «ne pas exister» à travers les cinq sens.
Un fil se trouve dans un espace. Il continue à bouger, à changer et à transformer son existence.
Une machine trace le rythme organique de la nature, répète ses mouvements de manière inorganique et fait couler des gouttes sur le fil.
Il s’agit de gouttes extrait d’insectes appelés cochenilles (Dactylopius coccus) également utilisés comme colorant pour le yaourt aux fraises.
Les gouttes coulant des deux extrémités alternent avec l’environnement et tombent au sol un peu partout, et aussi dans un pot en marbre placé sous le fil.
Au fil du temps, la couleur fait sentir l’odeur et devient plus en plus foncée en se mêlant aux substances présentes dans l’espace.
Ce mouvement n’est ni homogène ni uniforme.
Les ampoules réagissent aux mouvements humains, les ailes tournent en réaction à la lumière des ampoules, les mouvements de rotations des ailes et des visiteurs, le vent venant de l’extérieur, le fil bougeant avec le vent…
Il existe de nombreux mouvements et à chaque mouvement les multiples existences s’entremêlent dynamiquement et avancent mutuellement.
Ensuite, lorsque le fil se transforme en un traçage, par cela une surface se forme et lorsque le traçage se transforme en filet, la surface disparaît et se métamorphose en une variété géométrique.
Mon oeuvre intègre toujours des éléments de la nature.
Dans l’installation constituant l’axe principal de l’oeuvre, je décompose le monde qui existe autour de nous en des éléments naturels, mécaniques et humains, puis se recompose des éléments de base, la nature pour des divers changements organiques, la machine pour le mouvement inorganique, l’humain pour l’implication inconsciente, et la manière dont ils s’harmonisent dans un espace limité, je laisse les éléments vivre en harmonie, je tente de remettre en question leur existence, leur activité, leur fragilité et leur beauté.
Comment reconnaître l’existence des autres, comment vivre harmonieusement sans imposer un rapport de force, en essayant d’effacer les frontières ; c’est ce qui fait partie fondamentalement de la création et la recherche que j’ai réalisées jusqu’à présent.
En raison de mon handicap physique de naissance, j’étais exposé à l’infériorité dans l’existence et à la différence avec les autres, depuis mon plus jeune âge je ressentais mon existence comme séparée et abandonnée des autres. Et petit à petit au lieu du pouvoir rationnel qui me sépare des autres, j’ai pu retrouver une relation entre moi et les autres dans la nature, les bâtiments anciens et les pensées comme une maternité généreuse.
Cette vision maternelle du monde ne consiste pas à dominer la nature, mais est une vision douce du monde dans laquelle la nature et la vie sont en harmonie, comme les Japonais le racontaient autrefois dans les mythes et les religions.
Dans leurs récits les Japonais développaient leur imagination en écoutant le frémissement du vent ou en admirant les galets éclairés par le clair de lune, qu’ils soient visibles ou invisibles ils rendaient toujours hommage à tous les êtres. Ces phénomènes ont été racontés avec les légendes comme les Yōkai (type de créatures surnaturelles dans le folklore japonais) et les esprits, mais cela devrait exister encore et toujours dans notre monde.
Le monde que nous percevons aujourd’hui est si continu qu’il nous aveugle et empêche de comprendre le réel. Cependant, derrière ce qui forme notre monde, il existe quelque chose comme l’insecte cochenilles (Dactylopius coccus), et tout comme nous percevons le monde de notre point de vue, un autre être le perçoit de son point de vue.